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On ne m'aura pas prévenu mais c'est suite à une journée coutumière par sa tranquilité paisible et sa banalité mielleuse qui fait, malgré moi, mon ordinaire et celui de millions d'autres étudiants ou travailleurs fréquentant les bâtiments du système où formés et formatés plus qu'instruit, les corps s'entassent, têtes pleines de formule et de consignes, l'esprit au final bien vide, que -souffle- j'ai trouvé mon illumination.
Oui! Heureusement le destin ou le hasard dans leur clémence apporte son taux d'évènements non attendus, qui donnent à la vie ses péripéties dont on se passerait bien, parfois, mais qui au final rythme le quotidien et nous délivre de l'ennui.
Hier, affalée, me laissant aller à la paresse encouragée par les hautes températures, c'est distraitement que j'entame une conversation polie avec une de mes colocataires. Qui aurais-pu m'annoncer alors un voyage à des milliers de kilomètres? Sans sécurité aucune, j'attéris dans un roman de science fiction, emportée par une héroïne ordinairement extraordinaire, tout droit en Terre nippone, au pays du soleil levant.
Kyabakura: (nf)
キャバクラ
Parmi les professions décomplexées qui foisonnent sur les îles japonaises, une, courante et pourtant méconnue détient une part importante du marché réservé à la "détente". Filles plutôt jeunes, mais pas trop, rarement professionnelles, souvent à temps partiel font la conversation, tenant compagnie aux hommes d'affaires usés par des journées stressaaantes. Jolie minois et ambiance bon enfant, le dosage parfait entre attention et flatterie.:
J'ai rencontré une Kyabakura. En fait, je vis avec une Kyabakura. Avec deux même. J'ai craqué sur l'une d'une bonne humeur contagieuse. Ma kyabakura est japonaise mais pas vraiment. "Born in South Korea". Parents coréens et le fait d'avoir passé pratiquement toute sa vie à quelques kilomètre d'Osaka n'y changera rien. Passeport étranger. Etrangère. Quand on la surprend en flagrant déni, elle s'exclame, "mais qu'est ce que c'est qu'être japonais? Je me sens japonaise ce n'est pas suffisant?" Elle est cool, rigolote, dort 10h par jour sinon passe une mauvaise journée, parle 4 langues, japonais, coréen, chinois, anglais et couramment. Elle parle avec un accent de sa région qui ferait croire aux gens de Tokyo que c'est une Yazuka. "Strong accent, really strong". Ma kyabakura et moi, souvent on mange dans la même assiette, je l'appelerai Kumi, Kumi Senpaï.
Kumi dit que le sommeil n'est pas venu cette nuit, qu'elle n'a pas fermé l'oeil, qu'elle ne s'est pas endormie et c'est terrible, car si ces heures précieuses ont été rattrapés, le mal n'est pas passé. Le mot est lancé: « Je suis stréssée ». Cerveau en ébullition et émergence incontrôlable de questions, Kumi se demande ce qu'elle va devenir. Ce que l'avenir lui réserve elle ne se le demande pas vraiment, on ne lui fait pas à elle. Ce qu'elle veut prévoir c'est ce qu'elle fera de son avenir. Elle a déjà réalisé son rêve d'enfant. Voler. Elle est devenu hôtesse dans les airs. Elle a travaillé dur et pourtant, à la concrétisation s'est suivie une désillusion troublante. Entre Osaka et Beijing, Kumi se dit, « ce n'est pas pour moi, ce n'est pas moi ». Un an et demi aux services d'Air China, et Kumi s'envole à nouveau vers d'autres horizons afin de trouver sa voie. Pour elle, comme pour moi, la quête de réponse se fera loin, elle rejoint ceux qui ont fuit leur vie normale pour le bout du monde: Australia. Terra Incognita.
Le sursit est tamponné, elle a un an pour se décider. Un an ça peut paraître long, mais pour décider d'une vie, ca ne l'est peut être pas assez. Un peu tout de même pour ceux qui reste. Un peu surtout quand on laisse un tendre aimé. Quelques mois se sont écoulés, et la liberté est là où on ne l'attendait pas. Loin des codes et des règles de conduite, du poids de la culture, des coutumes et traditions, du savoir-vivre dit-on, à l'occidentale. Demoiselle Liberté est souvent Ailleurs, où tout ou presque est étranger, on comprend que pour être libre, l'esprit a besoin de creuser, de savoir qu'il y a autre chose, que tout peut être différent, que la vie elle-même se vit différemment. Libre ou libéré, avec le recul se fait le meilleur des envols. Celui de la curiosité pour atteindre des altitudes inégalées. Pour les ouvert d'esprit, le voyage ne se fait pas seulement par engin volant, il se fait à chaque rencontre, découverte et discussion. Kumi est angoissée. Angoissée de ne pas savoir de quoi demain sera fait.
« Petit singe, dit-moi, toi est ce que tu sais ? »
Sagement elle m'écoute lui faire part que l'inquiétude est partagée, par elle, par moi, ici et maintenant mais aussi tout le temps, à des degrés différent variant selon l'urgence, l'humanoïde pense-t-on est fait de la pâte des tourments. Qui dit inquiétude grandissante dit baisse de confiance. Le sentiment semble contaminer les âmes d'un monde dont le système semble mener à sa propre perte, faissant de nous des boules de stress. D'un cynisme qui ne m'est pas familier, je déplore une société d'égoistes cherchant son propre bonheur et profit, un monde où les humanoïdes sont ce qu'ils possèdent, des consommateurs manipulés, spectateurs ne cherchant pas à se libérer de la société qui les condamnent, eux ou leur voisin. Kumi m'écoute, me dit qu'elle aimerait être plus sage, que trop nombreux sont les stupides, mais me confie que s'il elle se trouve une vocation, devenait une artiste, par exemple et ferait fortune, elle aurait peur dit-elle de devenir plus avide et de vouloir garder son argent. Elle aimerait être généreuse et donner aux pauvres mais...
« L'argent appelle l'argent »
Je lui dis que les pauvres ne veulent pas de son argent et elle fronce les sourcils. Je lui demande qui voudrait d'une vie à mendier. Qui voudrait vivre aux dépens de la bonne volonté et de la générosité des autres ? Qui se satisferait de vivre sans savoir s'il pourra finir la semaine et si ses enfants tiendront le coup? Qui se satisferait d'une vie à attendre les miettes d'un autre plus chanceux? Toi Kumi?
Si tu rencontre un mendiant, ne lui offre pas un poisson, écoute-le.
Dans son village, il existait un lac remplis de poissons. Il a appris à pêcher comme son père avant lui mais le lac à été exploité par des plus gros pêcheurs plus équipés, maintenant il ne reste plus rien pour les petits comme lui. Ecoute, et tu comprendra qui tu aides. Ce mendiant avec ton poisson et ta générosité ou les gros exploiteurs a qui tu achetes du poisson toutes les semaines.
« L'argent appelle l'argent »
Dans son pays, m'explique-t-elle, c'est la quête d'une vie, la cause du stress. Kumi est kyubakura et l'a été au Japon aussi. Quand elle était plus jeune, elle écoutait les riches hommes si convoités, dans leur costume impeccables, les faisait boire, les écoutait se plaindre de leur travail ou dire qu'il n'aimait pas leur femme, que la vie était beaucoup trop stressante. Perfomant. Il fallait être performant. Il buvait et parlait. Elle les flattait et ils appréciait la compagnie légère. Jamais elle ne les as entendu se satisfaire de quoique ce soit à part d'un contrat signet ou d'une paye juteuse. Plus jeune elle s'était demandé à quoi bon être adulte et riche si c'était pour mener une telle vie.
Dans son pays bientôt, le train le plus rapide du monde utilisera les puissances magnétiques pour relier Tokyo et Osaka à plus de 500km/h. Les toilettes sont automatiques. Les portables se changent tous les trois mois. Environ. « ThirdMonkey tu sais, c'est fou, les portables sont aussi puissant que les ordinateurs, plus besoin de mp3, ils font tout et deviennent de plus en plus puissant. Pour recharger ton crédit, ils détectent et lisent le code barre. Evidemment tu peux acceder à internet tout le temps, télécharger de la musique, des vidéos, des jeux et même logiciels. Ils servent de carte bancaire, tu peux t'en servir au supermarché. Avant quand on rencontrait quelqu'un on demandait son nom et son numéro et on le notait, maintenant plus besoin. Les téléphones se connecte entre eux, en un bip tu as tous les coordonnées de la personne. Ce sont des agendas mais pire, c'est un journal ouvert sur ta vie, avec tout les historiques, facile de savoir si ton petit copain t'as trompé ou télécharge des pornos. C'est pour ça, il est même possible de bloquer ton téléphone grâce à ton empreinte digitale! Pour éviter les fouineurs. Au japon on est plongé dedans. Quand je vais chez mes amis des fois, on ne se parle que pour se demander de se passer de quoi grignoter. On peut passer notre temps à jouer, sans s'adresser la parole. Il y a tout. Tout! ». Kumi s'enthousiasme. « Et puis avant on pensait tout ça impossible. J'ai entendu parlé d'un téléphone qui pourrait détecter si tu es malade ou non et si oui te dire d'aller chez le médecin! Bientôt, je suis sure ils seront complètement remplacés par des puces intégrées dans ton cerveau qui se liront par télépathie. Tout est possible désormais! Too much technology. Too muuuuch. Crazy japanese, can you believe that? »
Je murmure que si le monde était une partie de jeu, je recommencerai tout à zéro. Je suis mauvaise perdante. Le Game Over m'a toujours laissé le goût amer de la frustration.
Kumi relève la remarque et s'exclame: « Au Japon les jeunes pensent que la vie comme les jeux vidéos, ils sont addicts. C'est leur moyen de s'échapper. De décompresser. Quand ils sont plus jeunes c'est les jeux vidéos. Apres c'est les bêtises et les femmes. La vie est trop stressante! Les femmes doivent trouver un riche mari, et les hommes doivent devenir riches. Sinon c'est honteux. Il faut travailler dur et aller dans une bonne université et trouver une bonne entreprise. J'ai quitté mon copain parce qu'il était trop rêveur et n'avait pas d'argent. Mes parents ne voulait pas de lui et mes amis me répétaient qu'il ne me rendrait pas heureuse, qu'il fallait le quitter avant qu'il soit trop tard et que je sois en âge de me marier. Apres 7ans, j'ai écouté les avis des autres et je l'ai quitté sans explications. Je n'ai plus de nouvelles. Il était bon, juste, doux et généreux. Il était vrai. Je regrette. »
Je n'ai pas pu aider Kumi a trouver un autre rêve à accomplir. Elle et moi, avons parlé plus et encore. Beaucoup avec les mains, et des explications imagés. Finalement la conversation s'est terminée en un soupir pessimiste, triste, fataliste, optimiste, chargé de motivation mais convaincu que la tâche à accomplir, quoiqu'elle soit sera difficile. Affamées, nous nous sommes jetés sur les restes d'un riz rouge, aux olives et aux tomates avec des crevettes. Une recette italienne dont j'ai oublié le nom. C'était bon.
Photos: Notre maisonnée.
Article et photo by Thirdmonkey
Publié par thirdmonkey à 05:54:07 dans Rencontres hasardeuses | Commentaires (3) | Permaliens
San'en (ou les trois singes de la sagesse)Si l'adage a plusieurs interprétations, parmi les plus populaires, les trois singes en est l'illustration la plus courante. Bien qu'on confère aux trois primates sagaces une origine nippone, c'est plus loin que les temples de Nikkō, plus loin que les hauteurs de Tichigi qu'il faut chercher, sur les paysages vastes à l'ère des Dix Royaumes et des Cinq Dynasties sur les même terres des de la Chine impressionante qu'ils sont nés au siècle 8. Sagesse bouddhiste, énigme encore actuelle, son sens exact reste voilé de mystère et la traduction littéraire avec ses intonations injonctives laissent pensif:
"N'entends pas", "Ne vois pas", "Ne parle pas".
Certains précisent, de Mal il est question: "Je n'entends pas ce qu'il ne faut pas entendre", "Je ne vois pas ce qu'il ne faut pas voir", "Je ne dis pas ce qu'il ne faut pas dire" et que la morale serait "Tiens toi en dehors des problèmes et le Mal ne t'atteindra pas". Plus grossièrement: "Tiens toi à l'écart des ennuis et t'éviteras les problèmes". Pour une première interprétation, le résultat est plutôt décevant. Comme si pour être tranquile, il faudrait laisser faire, fermer les yeux et se taire, ne pas se mêler, se fondre dans le mutisme et feindre l'indifférence, perdu au fatalisme, l'air de rien... Avoir la paix, donnerait-il cet air plein de soupçons du lâche, pire du silencieux corrompu? Puis j'y ai réfléchi à deux fois, et confondre des singes plein de malice, un enseignement bouddhique avec une éloge à l'ignorance serait faire fausse route, voire foncer carrément dans le mur.
Alors appliquer à soi, qu'est ce que ça peut bien vouloir dire? Quels sont les codes à décoder?
Si on les prends à la racine, ces petits singes portent les graines de valeurs essentielles à la sagesse orientale dont ils appartienent dont le Juste et l'Equilibre.
L'énigme reste ouverte.
Je suis le troisième singe. Mon nom est Iwazaru. Iwazaru desu !
Publié par thirdmonkey à 07:38:39 dans thirdmonkey | Commentaires (1) | Permaliens
Procédures classiques en cas de perte de contact. Tout le monde annonce l'alerte. Il y'a disparus et peu d'espoir.
Les mots qui annoncent une tragédie.
Actualité obsolète
De Rio de Janeiro à Paris, un avion disparaît et on retrouve un suisse.
1er Juin.
Un jour comme un autre, déclencheur d’histoire. Procédures normales. On s’alarme et sonne l’alerte. Un avion entier disparaît englouti dans le néant, déchainant prières et scénarios insolites. Ca n’arrive pas tous les jours et il y a un océan atlantique de questions, très peu d’espoirs. Espoirs timides, espoirs compassionnels, espoirs désespérés. On craint le pire. On sait le pire.
Disparition.
Le mot à lui seul fait peur. Ce n’est pas quelque chose de courant et qui pourtant arrive tous les jours. Il rend impatient, en colère, inquiet, perplexe, c’est un kaléidoscope d’émotions. A degré différent, il n’est jamais juste. Et pourquoi ? Parce qu’à toutes nos questions, il n’a qu’une réponse : Rien. Il n’y a rien à dire, rien à faire, il n’y a plus rien. De tous les maux, il n’y a de pire que le néant paisiblement menaçant, face au quel on ne peut rien et qui ne nous envoie rien d’autre qu’à nous même et nos pires interprétations.
Il fait peur parce qu’il cache. Les réponses que l’ont aimerait entendre et des mots bien pires qu’il nous faudrait entendre. Il vous laisse en proie à toutes les incertitudes, déverse un flot de questions à pattes qui vous mange, vous ronge, vous parasite l’esprit et vous paralyse. « Je ne sais pas. Je ne sais pas ! » Mais il faut savoir sinon se résigner, abandonner, se morfondre, pleurer, tout casser ou, tourner la page, sans néanmoins la déchirer.
Mais pourtant il n’a rien fait. Il n’est pas responsable. Il est là c’est tout, comme on l’a posé. Un mot en suspens. Temporaire. En attente de conclusion. Conclusion que nous sommes seuls à pouvoir écrire.
Il faut pardonner les disparus.
Une disparition est à relativiser. Tout dépend quoi. Tout dépend où. Il y a des choses qui ne sont pas si graves. Des pertes ennuyeuses mais réparables. Puis il y a des choses plus grosses qui causent des soucis énormes. Mais de ce qui a disparu, il y a toujours ce qui reste, dirait-on pour se remonter le moral. Et puis il y a les disparitions qui fâchent vraiment et pour de bon, celles égoïstes, celles qui nous poussent aux conclusions hâtives, celles qui rendent tristes et inconsolables. Les disparitions à tempérament incontrôlables, déclencheuses de toutes les passions. Elles concernent les individus bien plus que les choses. Elles propulsent des questions exponentielles et nous laisse au bord du vide, en proie au rien. De celui qui a disparu, il y a toujours ceux qui restent ? La phrase console déjà beaucoup moins. Parce qu’il y a des êtres qui comptent, des êtres chers, dépositaires de nos affections auxquels il est difficile voire impossible de dire adieu. Ceux dont on est attaché un peu, trop, qui se doivent, si ce n’est de renvoyer une dose similaire d’intérêt et d’amour, être là, au moins, présents et surtout accessibles. Ceux pour lesquels la disparition serait source de divers chaos, internes, externes. Un chamboulement. Un séisme. Un petit copain qui s’envole sans dire mots, un ami dont on a perdu le contact, un enfant qui échappe à votre vigilance, la mort d’un parent. Les situations comme cette dernière dramatique, où on vous a pris quelqu’un, volé, avec peu ou pas d’espoir de retour qui détruisent, anéantissent vos rêves de futurs et puis il y a celles où la personne est partie, de son plein gré, s’est enfuit, envolé pas volé. Entre les deux, les disparitions énigmes ou on ne sait pas qui blâmer.
Dans tous les cas, il est difficile de s’y résoudre et pourtant… Accepter que quelqu’un disparaisse de sa vie, ne veut pas dire l’effacer de sa mémoire et le lien qui vous unissait ne doit pas vouloir dire qu’il faut se laisser manger par les souvenirs mais, peut être, trouver une autre manière de vivre avec eux, sans lui ou elle.
Si on prend l’exemple fort de l’amitié, le seul dont je peux parler heureusement, il y a une leçon à retenir. De manière progressive ou brutale, il est possible qu’une personne (autrefois) qualifiée d’ami s’évapore au point de ne pas savoir s’il est en vie ou non. Après l’étape de l’inquiétude, il y a l’incompréhension, les doutes, puis la rancœur et parfois le déni. Qui n’a jamais reproché à un ami de ne plus donner de nouvelles ? De ne pas répondre aux appels ? De ne pas être considéré comme l’épaule sur qui se poser en cas de galère ? ou d’être tout simplement ignoré sans raisons évidentes ? Maintenant inversons les sorts. N’avez-vous jamais ignoré votre téléphone ? Voulu être seul(e) ? Changer vos habitudes soudainement ? Pris un nouveau tournant dans votre vie ? Ou avoir simplement voulu vous enfermer dans la solitude temporairement? Sans que vos proches ne comprennent pourquoi et sans avoir la force de leur expliquer ?
J’ai pour ma part ces désirs récurrents et la chance que les autres l’accepte sans trop de heurts. Mais avant de me laisser aller tranquillement à mon égoïsme, il m’a fallu et me faut encore parfois justifier mon désir de couper les liens, fils sacrés de l’amitié aussi temporairement que ce soit. S’il est légitime de se soucier des personnes qui nous tiennent à cœur, il est injuste et dangereux de les incomber de nos attentes, expectations, conditions ou pire espoirs. Si on aime, on attend parfois trop en retour, des gestes, des preuves, des envies purement personnelles d’être rassuré. Comme si parce que je t’aime, tu dois m’aimer, et autant ! Il est facile de projeter ses schémas de pensées « s’il m’aimait vraiment, il n’aurait pas fait ça car moi je l’aime et je ne lui aurais jamais fait ça ». On attend des autres des efforts comme s’ils étaient notre miroir, comme si la dose d’intérêt et d’attention qu’ils m’envoient sont celles que je mérite. Mais il ne faudrait pas tout confondre et comprendre que tout individu réagit de manière différente et il est parfois dangereux de vouloir les sculpter à notre guise, les remouler pour qu’ils nous plaisent plus ou nous déçoivent moins. Parfois il faudrait pour comprendre se poser les bonnes questions et accepter que, ce que je juge être bon peut être corrosif pour d’autres ; que les attaches sont comme des laisses, qui limite le chien et vous font mal au bras quand il tire trop dessus, vous font même tomber à la renverse, comme les barres aux cages d’un oiseau merveilleux qui rêve, peut être, de prendre son envol… Il faut relâcher la pression sur les gens qu’on aime, c’est peut être difficile mais peut être faut-il leur laisser la liberté d’être heureux aussi d’eux mêmes…
1er juin : De Rio de Janeiro à Paris, un avion disparaît et on retrouve un suisse. Un ami disparaissant qui à la question de savoir pourquoi il s’est reclus ainsi nous répondit : « parce que j’en avais besoin », tout simplement.
Article: ThirdMonkey
Publié par thirdmonkey à 07:28:22 dans thirdmonkey | Commentaires (0) | Permaliens


Une journée à Hong Kong, une ballade. J'ère avec le sentiment insoutenable que je vais finir par tomber dans les vapes, mangée par la foule.
Photo: T. 2008
Publié par thirdmonkey à 07:07:22 dans Périgrinations | Commentaires (0) | Permaliens

Les entraves de la vie. Priseparlagorgeentrejambes. Ah !
Publié par thirdmonkey à 06:32:37 dans thirdmonkey | Commentaires (0) | Permaliens
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